Objectif Gard – 20 Décembre 2017

Nathalie Ravyts, initiatrice du club aigues-mortais espère faire bouger, doucement mais sûrement, quelques habitudes ancrées.
Dur mais salutaire combat…

Sortir des sentiers battus peut amener à trouver la bonne voie. Côté commerces, hors-saison, s’aventurer dans les petites rues d’Aigues-Mortes pourrait être un bon filon. L’été, l’affluence des touristes trace un circuit naturel de circulation, des portes des remparts à la place Saint-Louis, sans trop de variation ni d’imagination. Mais la vie des villes, même millénaires et touristiques ne se résume pas aux beaux jours. Et encore, grâce à ses remparts, Aigues-Mortes sait attirer toute l’année des visiteurs.

« Il y a une vie entre novembre et mars, il y aussi une vie au delà de la place Saint-Louis !  » s’exclame Nathalie Ravyts, qui a su fédérer une dizaine de commerçants à l’année pour son initiative. Dossier de presse, logo, communication, les commerçants aigues-mortais, conscients de peu intéresser mairie et pouvoirs publics, habitués  à fonctionner avec une économie saisonnière ont décidé de prendre leur destin en main. Un peu déçue du peu d’enthousiasme qu’a suscité son initiative de décoration commune de Noël, Nathalie Ravyts connaît les difficultés des pionniers. Changer les habitudes enracinées vous fait parfois passer pour un savant mélange entre révolutionnaire du dimanche et râleur professionnel. A force de proposer des idées, l’une d’elles finira bien par fédérer espère-t-elle.

Vivants, dynamiques, pariant sur la qualité et les talents locaux. Tous ces commerçants réalisent ainsi des efforts certains pour rénover leurs boutiques, proposer des produits de qualité et rester ouverts toute l’année, malgré une sensible baisse de fréquentation. « On  évolue dans un monde d’immédiateté« , notent-ils. Et sortir des circuits imposés, flâner dans les petites rues, exige un peu de temps libre, un décalage, une respiration.  Les Petites Rues d’Aigues Mortes, petit groupe d’entrepreneurs, restaurateurs, commerçants et artisans locaux, souhaite prouver que les villes ne sont pas faites d’une seule grande rue commerçante. Ses petites rues transversales abritent de véritables professionnels, amoureux de leur travail et de leur clientèle. Le regroupement souhaite montrer d’abord à ses habitants qu’une ville touristique n’est pas seulement tournée vers les touristes l’été, mais bien vers tous ses citoyens le reste de l’année. Car la qualité de l’accueil ou celle de la fraîcheur des produits n’est pas une affaire de saisons, mais d’exigence.

Pour la jeune créatrice qui a lancé le magasin Tinnit, rue Emile-Jamais, Christine Hurraut, les petites rues d’Aigues-Mortes tombent à point nommé. Elle a beau avoir lancé des commandes et achats en ligne, la jeune femme croit aussi à la présence à l’année intra muros. « Il faut aller de l’avant et dépasser les habitudes. On constate que de plus en plus de visiteurs séjournent hors saison, il y a un public, avec des attentes différentes. C’est aussi important pour une ville que des commerces restent ouverts à l’année même si ce n’est pas facile. C’est encore timide pour l’instant mais Aigues-Mortes et notre groupe peuvent proposer des formules de séjour et des partenariats. » Pour cette ancienne coiffeuse reconvertie dans la promotion de créateurs locaux et d’un style venu d’Ibiza, le groupe informel peut porter, à condition d’être patient, de nouvelles pratiques. Bref, le groupe de commerçants aigues-mortais semble déterminé à sortir la cité aux remparts de sa léthargie hivernale. Il faudra pour cela plusieurs saisons d’hiver, histoire de trouver la formule magique qui séduit, mais la dynamique est bien lancée.

Les onze membres du club : l’Epicerie de Maman, deux restaurants: le Saint-Amour et La Camargue, Tinnit, Une maison en Camargue, La Villa Mazarin et la maison de la Viguerie, Intemporel, Essentiel nature, Cuir flèche , Balamata.

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